Tout savoir sur… la vaccination

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Pourquoi se faire vacciner ?

Les vaccins ont pour objectif de protéger les humains contre certaines maladies infectieuses, considérées comme grave (pouvant conduire au décès) et pouvant se transmettre facilemennt.

Le double intérêt de la vaccination

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la vaccination sauve la vie de 2 millions de personnes chaque année dans le monde. Elle a par exemple permis l’éradication de la variole ou encore une baisse de 40% des cas de rougeole entre 1999 et 2003.
En effet, se faire vacciner permet une double protection : individuelle et collective.
La protection individuelle consiste à se faire vacciner dans le but de se protéger d’une maladie via une réaction immunitaire spécifique.
Au-delà de la protection individuelle, la personne qui sera vaccinée va également protéger son entourage car dans la plupart des cas, elle ne sera plus susceptible de transmettre le virus ou la bactérie à son entourage. Elle agira comme une barrière contre l’agent pathogène. Ainsi plus la population est vaccinée, plus la circulation de la bactérie ou du virus concerné est ralentie, voire éradiquée.

Ainsi, se faire vacciner en respectant le calendrier des vaccinations est un des moyens de prévention les plus efficaces pour lutter contre de nombreuses maladies infectieuses graves, difficiles à traiter et/ou à risques de complications et de séquelles.

ZOOM sur le calendrier des vaccinations

Le calendrier vaccinal est élaboré par le Ministère des Solidarités et de la Santé qui fixe les vaccins obligatoires et établit des recommandations en fonction de l’âge. Il est régulièrement ré-évalué en fonction de la couverture vaccinale du pays (pourcentage de la population vaccinée) et des nouveaux vaccins arrivant sur le marché. Le Ministère des Solidarités et de la Santé a réalisé une version complète fournissant l’ensemble des recommandations et une version simplifiée avec uniquement le calendrier.
Certains vaccins sont obligatoires afin de garantir une couverture vaccinale maximale et ainsi de protéger la population.
Chez les enfants, depuis le 1er janvier 2018, 11 vaccins sont désormais obligatoires. En plus de vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, 8 vaccins s’ajoutent contre l’haemophilius influenzae B, la coqueluche, l’hépatite B, la rougeole, les oreillons, la rubéole, le méningocoque C et le pneumocoque. Au total ces 11 vaccins obligatoires représentent 10 injections pour les enfants, étalées sur 2 ans.

Certains vaccins sont également obligatoires lorsque l’on souhaite se rendre à l’étranger. Vous pouvez retrouver ces informations sur France Diplomatie. La carte interactive vous permet de cliquer sur votre destination. Ensuite, vous retrouvez dans l’onglet Santé, les informations nécessaires sur la vaccination. Par exemple en Côte d’Ivoire le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire.
En cas de doute, vous pouvez demander conseil à votre médecin. En effet, il est important de bien surveiller que vous êtes à jour dans vos vaccins.

 

Mécanisme d’action du vaccin : principe général

Certaines maladies sont provoquées par des infections créées suite à l’introduction dans l’organisme, de virus ou de bactéries néfastes. Notre organisme va alors réagir pour se protéger grâce aux globules blancs (cellules immunitaires qui produisent des anticorps) qui ont pour rôle d’éliminer l’agent pathogène. C’est à ce moment-là que l’on développe des symptômes de la maladie et que la fièvre peut apparaître.
Pour se protéger sur le long terme, l’organisme va également créer des cellules mémoires qui pourront être activées plus rapidement en cas d’infection par le même virus/bactérie et éviter ainsi de tomber malade. C’est lors de la création de ces cellules mémoires que l’on parle d’immunité.

Un vaccin repose sur ce principe car il est souvent composé de virus ou bactéries tués ou affaiblis qui vont engendrer la création d’une réponse immunitaire (création des cellules mémoires) par l’organisme. Ainsi, si l’organisme est infecté par cet agent pathogène, les cellules mémoires pourront l’attaquer rapidement et éviter le développement de la maladie.

 

 

 

Les grandes étapes de création d’un vaccin

La création des vaccins est réalisée par des chercheurs d’universités, des fondations publiques ou des laboratoires pharmaceutiques. Avant sa mise sur le marché, plusieurs étapes sont nécessaires pour s’assurer de son efficacité et de son innocuité (ne pas être toxique).

Tous les vaccins doivent suivre ce protocole pour obtenir leur autorisation de mise sur le marché. Les vaccins anti Covid-19, ont donc suivi ce même processus.

Étape 1 : Développement préclinique – sur des cellules et des animaux

Cette première étape est primordiale, sans son succès, il ne sera pas possible pour les chercheurs de passer à l’étape suivante sur l’Homme (essai clinique).

Tout d’abord, les chercheurs observent le comportement des substances actives (bactéries/virus tués ou inactivés) sur des cellules in vitro, c’est-à-dire hors de leur environnement naturel, en milieu artificiel.
A la suite de cette première phase d’expérimentations, les chercheurs déterminent le mécanisme d’action mis en place et la dose nécessaire. Grâce à des équivalences, ils évaluent la dose à administrer chez l’homme.

A la fin de cette première phase, les chercheurs ont des premières données sur la tolérance du vaccin, son innocuité et son pouvoir immunogène, c’est-à-dire sa capacité à stimuler efficacement les défenses immunitaires.

ZOOM sur la recherche avec des animaux

Les tests sur les animaux sont indispensables à la création de nouveaux vaccins, et plus généralement pour de nouveaux médicaments. Pour des questions éthiques incontestables, la recherche utilisant des animaux est très règlementée et fait l’objet d’une validation par un comité d’éthique. La règlementation prévoit l’ensemble des mesures pour garantir le bien-être animal en se basant sur la règle des 3R : elle vise à Réduire le nombre d’animaux utilisés, à Remplacer dès que possible le modèle animal par des cellules et à Raffiner, c’est-à-dire réduire, supprimer ou soulager la douleur.

 

Étape 2 : Essai clinique – sur les Hommes

Cette deuxième étape débute dès lors que la première étape a été validée et que le CPP (Comité de Protection des Personnes) et l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et Produits de Santé) ont donné leur avis favorable.
Elle se déroule en quatre phases et a pour objectif de déterminer la tolérance et l’efficacité du vaccin chez l’Homme.

La première phase est réalisée sur un petit groupe de volontaires (de 10 à 100 personnes). Ce sera la première exposition du vaccin sur l’Homme pour observer son évolution dans l’organisme et sa toxicité en fonction de la dose administrée. Généralement, les volontaires seront hébergés pendant quelques jours dans un centre spécialisé pour veiller à leur santé. Grâce à cette première phase, la formulation finale du vaccin peut être réalisée en fonction de la dose retenue.

La deuxième phase se déroule à plus grande échelle (de 50 à 500 volontaires), avec l’objectif de déterminer le nombre de doses qui doivent être administrées pour protéger efficacement la population.

La troisième phase permet d’étudier l’efficacité vaccinale et la tolérance à très grande échelle sur plusieurs milliers de personnes. Cette phase peut parfois être longue car il est nécessaire d’arriver à recruter un nombre suffisant de volontaires. Dans le cas du Covid-19, le recrutement s’est avéré beaucoup plus facile qu’habituellement, ce qui explique la mise sur le marché plus rapide des vaccins.

A la suite de cette troisième phase, si celle-ci est concluante, il sera alors possible de demander une autorisation de mise sur le marché.

La dernière phase a pour objectif de valider l’efficacité du vaccin à très grande échelle et vérifier qu’il n’y ait pas d’effets secondaires indésirables à long terme.

Étape 3 : Procédure de mise sur le marché européenne et nationale

En Europe, l’autorisation de mise sur le marché se fait selon une procédure centralisée lorsque les vaccins ou les médicaments sont innovants et contiennent de nouvelles substances actives (substances visant à traiter la maladie)
Cette procédure est gérée par l’EMA (Agence Européenne des Médicaments). Deux États sont désignés par le comité pour évaluer le dossier de demande d’autorisation et le transmettre ensuite aux autres États pour faire leurs commentaires. L’EMA émet un avis sur cette base qui sera transmis à la Commission Européenne, décisionnaire final.

Les critères à préciser dans la demande sont :

  • la population que le vaccin cible, et s'il existe des mesures spécifiques à prendre pour des populations particulières (personnes immunodéprimées…)
  • le type de vaccin, et ses propriétés chimiques et physiques ;
  • la conformité aux exigences internationales lors du développement préclinique et de l’essai clinique ;
  • le mécanisme d'action du vaccin, tel qu'il est étudié dans les études de laboratoire ;
  • la manière dont le vaccin est distribué dans l'organisme et éliminé par celui-ci ;
  • les bénéfices observés ;
  • les effets secondaires observés chez les volontaires, y compris dans des populations particulières telles que les enfants ou les personnes âgées ;
  • la manière dont les risques seront gérés et surveillés une fois le vaccin autorisé ;
  • les informations qu'il est prévu de recueillir à partir des études de suivi après l'autorisation.

Autrement, la procédure est décentralisée, celle-ci repose sur le même principe que la procédure centralisée à la différence que chaque État membre va évaluer le dossier de demande d’autorisation et va délivrer l’autorisation de mise sur le marché. En France c’est l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et Produits de Santé) qui délivre ces autorisations.

ZOOM sur le processus de fabrication

Les vaccins sont composés d’une ou plusieurs substances actives combinées à un adjuvant c’est-à-dire, une seconde substance qui permet de rendre le vaccin plus efficace.

Leur fabrication comprend 2 étapes principales :

  • la production de la substance active qui consiste à produire la substance qui va être capable de stimuler les défenses immunitaires.
  • la production pharmaceutique qui permet d’obtenir le vaccin tel qu’il sera proposé en pharmacie. Il est généralement constitué de la substance active couplée d’adjuvants (pour augmenter l’efficacité) et de conservateurs. Il est présenté en flacon ou seringue stérile, puis conditionné c’est-à-dire mis sous forme de lots (500 000 à 1 million), qui seront livrés dans les différents établissements (pharmacies, hôpitaux, etc.)

 

 

 

 

Les idées reçues autour de la vaccination

La vaccination suscite un certain nombre de questions qui peuvent faire l’objet d’idées reçues. Nos experts font le point sur les plus fréquemment rencontrés. Alors VRAI ou FAUX ?

Il est possible de faire des réactions allergiques aux vaccins.
VRAI. Il est en effet possible de faire des réactions allergiques à un vaccin mais celles-ci sont extrêmement rares. Souvent ce sont des substances présentes dans les adjuvants ou les conservateurs qui sont à l’origine de la réaction allergique, et non la substance active qui va être capable de stimuler les défenses immunitaires. Quoiqu’il en soit les contre-indications à la prise d’un vaccin seront mentionnées sur sa notice. En cas de doute, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin généraliste qui saura vous conseiller.

Quand on se fait vacciner, on nous injecte tout ou partie du virus.
VRAI. Les vaccins sont composés de virus/bactéries atténués ou tués combinés à un adjuvant pour augmenter leur efficacité. Ils sont classés en fonction de leur type :

  • Les vaccins vivants atténués : créés à partir de virus/bactéries dont le pouvoir pathogène (capacité à rendre malade) a été largement diminué pour ne pas provoquer de symptômes lors de l’injection
  • Les vaccins inactivés : qui utilisent des microbes entiers tués par la chaleur ou des traitements chimiques
  • Les vaccins sous-unitaires : qui contiennent uniquement des fragments de virus/bactéries qui ont été purifiés et sont donc inoffensifs.

Tomber malade est plus efficace que le vaccin pour être immunisé contre la maladie.
FAUX. En cas d’infection, nos globules blancs (cellules immunitaires) agissent pour éliminer l’agent pathogène. C’est pendant cette période que nous développons des symptômes de la maladie. En parallèle, des cellules dites de « mémoires » vont être créées pour réagir plus rapidement en cas de nouvelle infection du même virus/bactéries et nous éviter ainsi de tomber à nouveau malade.
Le vaccin via sa(ses) substance(s) active(s) qui sont des organismes tués ou affaiblis va fonctionner sur le même principe mais en nous évitant de tomber malade à la première infection.
Et tomber malade, c’est prendre le risque de subir en plus des symptômes de base, d’éventuelles complications qu’il est tout à fait possible d’éviter avec la vaccination.

Il est inutile de se faire vacciner contre une maladie qui a quasiment disparue.
FAUX. Bien que de nombreuses maladies à vaccination obligatoire aient quasiment disparu en Europe, ce n’est pas forcément le cas dans l’ensemble des régions du monde. Avec l’accès facilité aux déplacements et au franchissement des frontières, il est possible qu’une maladie grave puisse réapparaître et infecter les personnes qui ne sont pas protégées. Par exemple en France, de nombreux cas de rougeole ont été observés en novembre 2017 suite à une baisse du nombre de vaccins administrés (79% au lieu de 95%) dans la population provoquant une moins bonne couverture vaccinale. Ainsi, dès le 1er janvier 2018, le gouvernement a rendu ce vaccin obligatoire chez le nourrisson.

 

 

 


 

L’actu du mois… le vaccin anti Covid-19

Après plusieurs mois de recherche active dans le monde entier, les premiers vaccins anti Covid-19 ont bénéficié d’un avis positif de l’Europe depuis le 21 décembre dernier pour leur mise sur le marché.

Quelle est la stratégie vaccinale adoptée en France ?

La stratégie vaccinale française a pour objectif de protéger rapidement les personnes les plus fragiles. Elle est définie selon 3 temps forts pour permettre de remplir trois objectifs de santé publique :

  • Faire baisser la mortalité et les formes graves de la maladie
  • Protéger les soignants et le système de soins
  • Garantir la sécurité des vaccins et de la vaccination

Quand vais-je pouvoir me faire vacciner ?

En France, la vaccination a débuté dès le 27 décembre auprès des personnes considérées comme étant les plus à risque, à savoir :

  • les personnes âgées et les personnes en situation de handicap résidant en établissements
  • les soignants de plus de 50 ans ou atteints d’un facteur de risque (obésité, hypertension, diabète…)

Suite à l’accélération de la circulation du virus, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, a annoncé une intensification de la campagne de vaccination française, en autorisant dès le 18 janvier, la vaccination des personnes de plus de 75 ans. L’objectif est de vacciner 1 million de personnes d’ici la fin du mois de janvier.

Dès le mois de Mars, les personnes âgées de 65 à 74 ans pourront également se faire vacciner.
Enfin, l’ensemble de la population qui le souhaite, devrait pourvoir être vaccinée dans le courant du printemps 2021.

A noter que si vous avez été infecté par la Covid-19, il est recommandé d’attendre 3 mois après la fin des symptômes pour se faire vacciner.

Combien de doses de vaccins me seront injectées ?

Deux doses de vaccin sont nécessaires pour assurer une protection maximale. Celles-ci doivent être administrées de 3 à 6 semaines d’intervalles maximum pour suivre les recommandations officielles des fabricants des vaccins. Cependant, le délai avant la seconde injection peut évoluer en fonction de l’évolution des connaissances et de la disponibilité en vaccin.

Comment la vaccination se passe-t-elle ?

Les personnes concernées souhaitant se faire vacciner pourront prendre rendez-vous auprès d’un centre de vaccination dans leur département dès le 15 janvier par téléphone à un numéro vert ou par internet sur les plateformes Doctolib, Maiia et Keldoc.
Il vous suffira de vous rendre au centre de vaccination que vous avez préalablement choisi à la date prévue.
Le rendez-vous débutera par quelques questions posées par un soignant afin de s’assurer de votre sécurité. Si vous le souhaitez, vous pourrez simplement répondre à un questionnaire par écrit. Ensuite, un médecin ou un infirmier pourra vous administrer la première dose du vaccin et vous renseigner sur la prochaine injection de vaccin à réaliser.

Quels vaccins-sont actuellement disponibles ?

Actuellement le vaccin Comirnaty (BNT162b2) de Pfizer et BioNTech et le vaccin Covid-19 MODERNA sont disponibles. Ces deux vaccins reposent sur le même principe avec l’injection de deux doses. Toutefois le vaccin MODERNA se conserve plus facilement (à -15°C contre -60°C) mais l’atteinte de son efficacité vaccinale optimale est plus longue (14 jours après la seconde dose contre 7 jours).
Deux autres vaccins sont actuellement en cours d’évaluation : les vaccins d’AstraZeneca, et de Janssen.

Les vaccins étant similaires, le choix du vaccin se fera en fonction des conditions de stockage dans les centres de vaccination. Vous ne pourrez donc pas choisir votre vaccin.

Quelles sont les contre-indications à la vaccination ?

La seule contre-indication à la vaccination est une hypersensibilité à l’un des composants du vaccin (exemple le chlorure de potassium).
Le vaccin n’est également pas recommandé chez des personnes ayant déjà présenté des manifestations allergiques graves comme des réactions anaphylactiques.
De plus, dû à un manque de données suffisantes, l’HAS (Haute Autorité de Santé) recommande de ne pas vacciner les femmes enceintes (sauf en cas de risque grave) et les femmes allaitantes.

En cas de doute, notamment si vous êtes malade ou enceinte, n’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant qui sera le plus à même de vous conseiller.

Des premiers effets secondaires ont-ils été observés ?

Les premiers effets secondaires observés sont ceux que l’on peut retrouver pour d’autres vaccins : des réactions locales légères ou modérées, qui disparaissent rapidement après la vaccination.

L’essentiel à retenir :